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04 février 2026
Projet de loi 9 : une majorité de parents craignent une aggravation de la pénurie de places en services de garde
Un sondage mené par Ma place au travail révèle que les parents redoutent que le projet de loi nuise à l’accessibilité, à la main-d’oeuvre et à l’emploi des mères
Québec, le 04 février 2026
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Alors que débutent les consultations particulières sur le projet de loi 9, Ma place au travail dévoile les résultats d’un sondage, mené en collaboration avec l’Association des garderies privées du Québec auprès de plus de 1 600 parents et futurs parents d’enfants de 0 à 5 ans. Les données dévoilent qu’une majorité de parents s’inquiète des impacts concrets du projet de loi sur un réseau de services de garde déjà en crise, particulièrement en matière de main-d’œuvre et d’accessibilité aux places.
Dans un contexte où plus de 30 000 enfants sont toujours en attente d’une place, les parents craignent que les dispositions proposées accentuent les pénuries plutôt que de répondre aux besoins urgents des familles.
Une forte opposition à l’interdiction du port de signes religieux
Le sondage révèle que 65 % des parents sondés se disent «en désaccord» ou «plutôt en désaccord» avec l’interdiction du port de signes religieux visibles pour le personnel des services de garde éducatifs à l’enfance. Cette position contraste avec l’argumentaire du gouvernement, qui présente cette mesure comme répondant à une volonté largement partagée au sein de la population québécoise.
Des craintes importantes pour l’accessibilité et la qualité des services
Au-delà de la question de la laïcité, les parents sondés expriment surtout une inquiétude profonde face aux conséquences pratiques du projet de loi sur un réseau déjà sous pression :
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65% estiment que le projet de loi pourrait aggraver la pénurie de main-d’œuvre;
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68% craignent des impacts négatifs sur la qualité éducative, en raison des difficultés accrues de recrutement et de rétention;
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70% considèrent que certaines dispositions risquent de nuire particulièrement à l’accès de certaines femmes au marché du travail.
Un réseau encore très fragile, malgré les investissements
Depuis 2021, le ministère de la Famille indique avoir créé 32 000 places subventionnées, mais plus de 30 000 enfants demeurent toujours sur les listes d’attente. Parallèlement, le réseau fait face à une hémorragie de personnel : plus de 15 000 éducatrices ont quitté le réseau depuis 2021, dont 5 054 au cours de la dernière année seulement.
Les conséquences sont déjà bien réelles : CPE ouvrant à capacité réduite faute de personnel, bris de services répétés et pertes financières moyennes de plus de 25 000 $ par famille en attente d’une place.
« Les parents que nous avons sondés ne remettent pas en cause l’importance de la neutralité des services. Ce qu’ils craignent, ce sont les effets bien concrets de ce projet de loi sur un réseau déjà fragilisé par la pénurie de personnel qualifié et le manque de places », souligne Marjorie Peyric, coordonnatrice aux communications de Ma place au travail.
Un appel à des décisions fondées sur des données probantes
À ce jour, aucune donnée publique ne permet d’établir un lien entre le port de signes religieux visibles et le prosélytisme ou une baisse de la qualité éducative. Ma place au travail déplore également l’absence d’analyses d’impact rigoureuses, tant à l’échelle provinciale que locale, permettant d’évaluer les effets réels des mesures proposées.
« Le réseau des services de garde est un levier essentiel pour l’emploi des mères, pour les familles et pour l’économie québécoise. Dans un contexte de pénurie, les décisions qui touchent ce réseau doivent être fondées sur des données solides et tenir compte des réalités du terrain », conclut Mme Peyric.
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Marjorie Peyric
Coordonnatrice aux communications et aux projets spéciaux
Ma place au travail
Anciennement présidente du conseil d'administration de son CPE, et maman de deux enfants.

