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20 mars 2026
Budget du Québec 2026-2027 : Le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance encore relégué au second plan
Ma place au travail dénonce un budget «déconnecté de l’urgence» vécue par les familles
Québec, le 20 mars 2026
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Alors que le gouvernement affirme, dans son budget 2026-2027, vouloir renforcer les services publics, protéger les plus vulnérables et placer le bien-être des Québécois au cœur de ses décisions, Ma place au travail constate avec inquiétude que les services de garde éducatifs à l’enfance demeurent largement absents des priorités budgétaires.
« Investir dans la petite enfance est un choix de société extrêmement rentable. Pourtant, encore une fois, le gouvernement ne pose pas les gestes nécessaires pour répondre à l’urgence sur le terrain. Pour un parent qui ne peut pas retourner travailler demain matin, une promesse pour 2031 n’est pas une solution, c’est un abandon », déplore Marjorie Peyric, coordonnatrice aux communications de Ma place au travail.
Un manque de vision pour un levier essentiel
Parmi les mesures annoncées, la principale est la conversion de 5 000 places non subventionnées en places subventionnées.
« Cette mesure s’inscrit toutefois en réalité dans un horizon lointain. Pendant ce temps, des dizaines de milliers de familles continuent d’attendre une place accessible, subventionnée et de qualité pour leur enfant. », souligne Marjorie Peyric.
De plus, seulement une faible proportion de ces places sera convertie en CPE, alors que ce modèle, sans but lucratif, est reconnu pour sa qualité éducative supérieure et constitue le choix privilégié par les familles.
Le budget ne fait par ailleurs aucune mention de l’amélioration de la qualité éducative du réseau. Pourtant, le rapport de la vérificatrice générale de 2024 dressait un portrait préoccupant de la situation. Bien que certaines améliorations aient été observées depuis, des enjeux importants persistent.
Et que dit ce budget aux milliers de familles toujours en attente d’une place? Rien. Aucune mesure structurante ne vient affirmer clairement que la pénurie doit être résorbée.
Des chiffres qui soulèvent plus de questions que de solutions
Le budget met de l’avant le nombre de places qui « seront créées à terme », en incluant les places en processus de création, les places converties et celles qui le seront d’ici 2031. Cette façon de présenter les données, qui mélange réalisations concrètes et projections, laisse perplexe.
D’autant plus que rien ne garantit que le personnel sera au rendez-vous pour ouvrir ces places. Les besoins sont pourtant bien réels : plus de 30 000 enfants attendent actuellement une place. Sans investissements significatifs dès maintenant, le réseau ne pourra ni répondre à la demande ni assurer sa pérennité.
« Inclure des places qui ne sont pas encore ouvertes — et dont certaines sont en développement depuis des années — donne une image trompeuse de la situation. Pour les parents, une place en création, ce n’est pas une place réelle. C’est une promesse. Ce que nous voyons sur le terrain, c’est que la liste d’attente n’a que très peu diminué depuis 2021 », ajoute Mme Peyric.
Des mesures insuffisantes pour les éducatrices
Si les mesures annoncées pour les éducatrices vont dans la bonne direction, elles demeurent largement insuffisantes pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre qui fragilise l’ensemble du réseau. Rappelons que le réseau fait face à une hémorragie de personnel : plus de 15 000 éducatrices ont quitté le réseau depuis 2021, dont 5 054 au cours de la dernière année seulement.
« Sans amélioration significative des conditions de travail, le réseau continuera de perdre des éducatrices, les nouvelles places promises risquent de ne jamais ouvrir et les bris de services vont se multiplier », souligne Mme Peyric.
Dans un contexte où les besoins sont criants, ces investissements ne sont pas à la hauteur des défis, et aucun signal fort n’est envoyé pour valoriser durablement la profession.
Un appel à agir maintenant
Ma place au travail rappelle que l’accès à des services de garde éducatifs de qualité est un pilier essentiel du développement des enfants, de l’égalité des chances et de la participation des parents — notamment des femmes — au marché du travail.
« Si le prochain gouvernement souhaite réellement veiller sur les plus vulnérables et soutenir le bien-être des Québécois, il devra faire de la petite enfance une priorité dès aujourd’hui, et non dans plusieurs années », conclut Marjorie Peyric.
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Marjorie Peyric
Coordonnatrice aux communications et aux projets spéciaux
Ma place au travail
Anciennement présidente du conseil d'administration de son CPE, et maman de deux enfants.

